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Plaute, héritier de ses prédécesseurs grecs dans la représentation des étrangers

► ὁ λύχνος n° 171, juillet 2025.

Scène de comédie (vase phlyaque découvert à Paestum), Musée du Louvre (wikicommons)

INTRODUCTION

Dans son théâtre, Plaute accorde une place importante à l’étranger. En effet, à l’instar de ses prédécesseurs, il n’est pas un Romain de souche et dans sa cité, on ne parle pas latin. Il serait né vers 254 avant J.-C. à Sarcine, dans la région de l’Ombrie (actuellement située en Romagne), d’une famille modeste. C’était une petite bourgade située sur la côte de la mer Adriatique, à une bonne distance de Rome. À l’époque, cette région était considérée comme alliée de Rome. D’ailleurs, on n’y parlait pas le latin, mais un dialecte avec un alphabet qui lui est spécifique. Plaute va donc apprendre le latin et le grec une fois arrivé à Rome dans sa tendre jeunesse. Le contexte politique d’alors est marqué par les guerres puniques, un moment troublé de l’histoire romaine. Ainsi, Plaute sent la nécessité de distraire le peuple sans le heurter. Mais comment distraire alors le peuple romain ? Cherche-t-il uniquement à provoquer le rire dans la représentation des étrangers ? Plaute est essentiellement un auteur populaire au contact avec le bas peuple. Il écrit pour divertir et pour faire rire. Par conséquent, il évite toute réflexion philosophique, psychologie de ses personnages, les préceptes moraux, etc. Pour plaire au public, l’auteur dramatique crée une comédie qui attire les spectateurs par le rire, afin que cette comédie puisse instruire, donnant en même temps une leçon de morale. Pour séduire les spectateurs, les personnages parlent un langage qui convient à leur milieu, et 1’histoire inspirée de la réalité. Comment Plaute représente-t-il les étrangers ? Que doit cette image de l’étranger aux modèles grecs ? Au cours de cette étude, nous tenterons d’apporter des éléments de réponse.

I- Comment Plaute représente-t-il les étrangers ?

Dans la perception générale des Romains, l’étranger est vu comme un non-citoyen qui vient d’ailleurs et qui a moins de droits par rapport aux Romains de souche imbus de leur valeur et leur personnalité. L’étranger est décrit clairement à travers certains stéréotypes dans la comédie de Plaute. Étudier l’étranger dans la comédie de Plaute revient à déterminer son statut juridique à Rome, son rôle et sa place au sein de la société, tant sur le plan politique que sur le plan religieux, sur le plan culturel que sur le plan économique. À Rome comme en Grèce, l’étranger est l’incarnation de la basse classe par excellence, né dans des contrées mal connues, sans identité à part celle que lui donne son hôte, sans statut, sans droit ; tout est fait pour qu’il se distingue le plus clairement possible du citoyen romain sur un plan tant vestimentaire que linguistique. L’étranger a un statut inférieur ; il n’a pas non plus les mêmes droits que les citoyens romains. C’est pourquoi il en arrive à être méfiant car il est conscient du regard négatif et stigmatisant que les autres se font de lui. Dans sa pièce comique intitulée l’Eunuque, Térence nous livre une vision claire et nette du statut de l’étranger à travers l’intervention malhonnête d’un personnage du nom de Thaïs qui, dans le déroulement de l’histoire, incite un autre personnage du nom de Chrémès à s’opposer fermement au militaire Thraso parce que ce dernier est tout simplement un étranger qui n’a pas ou qui a moins de droits à Rome :

CHRÉMÈS.-
Ah ! C’est que j’ai peur que tu ne me prennes pour un autre.


THAÏS.-
C’est bien. Songe d’ailleurs que celui à qui tu as affaire est étranger, moins puissant que toi, moins connu et qu’il a ici moins d’amis. 


CHRÉMÈS.-
Je sais cela. Mais c’est folie de laisser faire un mal qu’on peut empêcher. Mieux vaut, selon moi, nous prémunir contre cet homme que de nous en venger, quand il nous aura maltraités. Rentre, toi, barricade ta porte en dedans, tandis que moi, je cours d’ici au forum. Je veux avoir ici des gens qui nous prêteront main-forte dans cette bagarre1.

Ce dialogue montre que l’étranger était moins crédible que les citoyens romains ; l’emploi des expressions « minus potens… minus notus… minus amicorum: moins puissant… moins connu… moins d’amis » montre son caractère faible vis-à-vis du citoyen romain. C’est pourquoi il n’osait pas entrer en conflit avec des citoyens, ni intenter une action en justice ni soutenir un procès. De ce fait, même les citoyens étaient conscients de leur supériorité sur les étrangers et de la place qui leur est réservée. Le personnage du nom de Chrémès, à l’image du citoyen romain, sollicitera l’aide du peuple et bénéficiera d’une main forte, d’un élan de solidarité contrairement à l’étranger qui peut-être n’a pas de connaissances suffisantes pour être soutenu et protégé. Il n’a pas non plus les mêmes droits que les autres. Il occupe une place inférieure par rapport aux citoyens. C’est pourquoi la loi interdisait aux citoyens de se marier avec des étrangères. Certains pères de famille s’opposaient farouchement à un quelconque projet de mariage entre leurs fils avec des étrangères. Dans l’Andrienne de Térence, un personnage du nom de Chrémès refusa catégoriquement de donner sa fille en mariage à Pamphilus, le fils de son voisin Simo, parce que pour lui celui-ci considère une étrangère « en femme légitime »2. Dans le passage suivant, le personnage Simo est choqué de voir son fils avoir un enfant de l’étrangère :

SIMON. S’il refuse de se marier parce qu’il aime ailleurs, c’est un premier tort de sa part que j’aurai à punir. Et maintenant, en feignant ce mariage, je ne cherche qu’un bon motif pour lui laver la tête en cas de refus. En même temps, si ce coquin de Dave a quelque chose en tête, je l’obligerai à vider son sac, à présent que ses fourberies ne sauraient nuire. Je suis sûr qu’il va jouer des pieds et des mains et mettre tout en œuvre, et cela plutôt pour me contrarier que pour obliger mon fils3.

Dans ce monologue, Simon considère la relation amoureuse réciproque entre un citoyen et une étrangère comme un tort (iniuria) qu’on doit condamner avec la dernière énergie. À l’image de Chrémès, les citoyens romains n’acceptaient pas le mariage entre un Romain de souche et un étranger. Au regard des parents ceci constitue un déshonneur, une insulte. Laisser leurs propres enfants se marier à un étranger représente une malédiction à leurs yeux. C’est pourquoi certains pères de famille comme le vieux Chrémès se scandalisent catégoriquement contre leurs fils qui désiraient prendre une femme étrangère.

L’étranger est avant tout un inconnu, celui qu’on ne connaît pas. Dans sa réalité l’étranger n’est appréhendé qu’en tant que voyageur. Il est l’inconnu qui débarque un beau jour dans la vie du village, de la ville, au hasard d’un voyage ou de l’arrivée d’un bateau. Sous cet angle, il ne s’identifie pas par rapport aux déterminants socio-anthropologiques du milieu.Le premier signe d’identification d’un étranger reste le déguisement en mode étrangère. C’est pourquoi certains personnages de Plaute se déguisent en étrangers lorsqu’ils veulent rouler leurs adversaires dans la farine. Dans la Mostellaria, le vieux Théopropide revient chez lui après une longue absence et s’apprête à entrer dans sa maison quand l’esclave Tranion, pour l’empêcher d’y pénétrer et de découvrir les fredaines de son fils, lui fait croire que la maison est souillée : « pourquoi l’est-elle ? Parce que, raconte Tranion, un crime y a jadis été commis et que ce crime est toujours impuni. Un hôte a surpris son invité, l’a tué, l’a dépouillé de son or, et l’a enterré en cachette dans la maison-même, sans lui accorder de juste sépulture. Puis il a vendu l’immeuble à Théopropide »4. De même, le vieillard Mégaronide, soucieux de doter la fiancée du jeune Lesbonicus, propose à son ami Calliclès de louer les services d’une personne qui se présentera au jeune homme sous l’aspect d’un étranger envoyé par son père :

MEGARONIDE.- Embauche dès maintenant, le plus tôt possible, un individu, pour jouer le rôle d’un étranger.

CALLILES.- Que devra-t-il savoir faire, ensuite ?

MEGARONIDE.- Qu’il soit habillé trait pour trait á la mode étrangère, d’une figure inconnue qu’on n’ait pas vue trop souvent ; il faut choisir quelque fieffé menteur hâbleur, effronté.

CALLICLES.- Et ensuite ?

MEGARONIDE.- Il se présentera au jeune homme comme venant de Séleucie, de la part de son père, pour le saluer en son nom, et lui annoncer qu’il fait de bonnes affaires, qu’il est bien vivant et bien portant, et qu’il va venir incessamment. Il sera porteur de lettres que nous signerons comme si elles venaient de Charmidès. Il en donnera une au jeune homme ; quant à l’autre, il dira qu’il est chargé de te la remettre5.

La troisième phrase de cette discussion justifie tout le rôle non souhaitable et la fonction pitoyable réservée à l’étranger dans le théâtre plautinien. Pour Mégaronide, le principal rôle d’un étranger, c’est de tromper, de mentir, de truander les gens à qui il a affaire. L’habillement à « la mode étrangère » n’est rien d’autre qu’une ruse, un prétexte pour tromper leurs victimes. Dans le Poenulus, toujours dans le dessein de permettre à son maître de traduire en justice le leno Lycus, l’entremetteur de jeunes filles, et de le faire condamner, l’esclave Collybiscus se présente chez ce dernier sous les traits d’un étranger désireux de passer du bon temps :

UN TÉMOIN.- (aux spectateurs).- C’est bien de l’or,

Spectateurs, mais de l’or de comédie. C’est avec cet

or-là, quand il est trempé, qu’on engraisse les bœufs

en Italie. Mais, pour jouer notre scène, ce sont des

philippes ; nous ferons comme si c’en était.

COLLYBISCUS.- Mais faites comme si j’étais un étranger6.

Dans le Persa, l’esclave Toxilus demande au parasite Saturio de lui prêter sa fille qu’il habillera « en étrangère » et ensuite un complice déguisé en Persan va aller la vendre au leno Dordalus qu’il cherche à compromettre. C’est tout le sens du dialogue suivant :

TOXILE.- Le léno qui habite ici n’a jamais eu de commerce avec toi, ni avec la fille ?

SATURION.-(prenant un air affecté de pruderie et de tendresse successivement).- Quelqu’un avoir commerce avec moi, en dehors de l’ami qui me fournit la nourriture !

TOXILE.- C’est parfait. Tu peux ainsi me procurer de l’argent.

SATURION.- Je ne demande pas mieux, par Hercule !

TOXILE.- Alors, permets-moi de vendre ta fille.

SATURION.- De la vendre, toi ?

TOXILE.- Non, j’en changerai un autre qui se fera passer pour étranger.

Comme il n’y a pas encore six mois que ce léno est venu de Mégare s’établir ici7

Ce texte montre le caractère inconnu de l’étranger. Il est quelqu’un qu’on ne connaît pas bien. Ni ses parents, ni son origine ne sont décelés à première vue ; il a un caractère et un comportement différents des autres. De ce fait, de la même manière que Toxilus voulait utiliser une fille romaine habillée « en étranger » pour tromper Dordalus, c’est de cette façon que certains Romains utilisaient également l’étranger pour diligenter leurs problèmes. De ce point de vue, l’étranger est comparé à un objet quelconque, un moyen de ruse, une solution particulière aux problèmes.

L’étranger est également représenté dans le théâtre plautinien comme un personnage naïf que l’on peut tromper facilement avec une certaine aisance. C’est pourquoi il reste la cible des esclaves et la proie des courtisanes. Les esclaves utilisent toutes les techniques de ruse pour tromper les étrangers. Dans l’Asinaria, Libanus et Leonida usent leurs stratagèmes pour récupérer l’argent que le marchand d’ânes, venu de la ville de Pella, est venu verser à leur maîtresse8. C’est le cas aussi du miles gloriosus (le soldat fanfaron), venu d’ailleurs, qui prétend exercer un droit sur certains personnages, avec cette différence, qu’il est systématiquement berné et marginalisé. Sous cet angle, l’étranger est comparé à une proie facile ou à une bête capturée. Aux vers 178 sqq. de l’Asinaria, l’amant étranger est comparé à un poisson qui, une fois pêché et neutralisé, sera mangé par la meretrix :

Pour une entremetteuse, l’amant est pareil à un poisson. Il est mauvais sauf quand il est frais. Alors il est succulent, il est savoureux ; on l’accommode de n’importe quelle façon : soit bouilli, soit grillé ; on le retourne quand on veut. Il veut donner, il veut qu’on lui demande quelque chose ; car on ne le pressure pas et il ne sait pas ce qu’il donne, ce qu’il perd9.

Dans ce passage, l’amant étranger n’est pas représenté comme un pauvre voyageur, mais plutôt comme un homme de bien, qui vient à Rome avec son trésor, son abondante richesse. L’expression « pleno promitur » indique bien que l’étranger est alors abondamment pourvu de richesses puisqu’on puise « à plein sac » sur ses biens. Toujours dans l’Asinaria un peu plus loin, aux vers 215 sqq., la maquerelle expose sans honte ni crainte son métier qu’il compare à celui des oiseleurs. Elle capture en effet les jeunes amants étrangers qui se laissent gruger peu à peu :

Celui qui recherche le profit doit nécessairement faire des dépenses. Souvent ils mangent. S’ils ont pris une fois, ils paient la dépense faite par l’oiseleur. C’est la même chose chez nous : notre maison est notre terrain de chasse, moi je suis l’oiseleur, la prostituée est la nourriture, le lit l’appeau, les amants les oiseaux. Ils s’habituent à être bien reçus, on les apostrophe gentiment, en les embrassant, par des paroles caressantes et gentilles. S’il touche un sein, c’est tout profit pour l’oiseleur10.

Les courtisanes sont des chasseuses à l’affût des étrangers. Elles sont toujours à la recherche de nouveaux étrangers venus à Rome. Elles sont souvent aidées dans cette tâche par leurs esclaves. Ces derniers, à l’image d’un chasseur de gibier, se postent au bon endroit pour attendre les bateaux qui arrivent. Ainsi ils vont non seulement s’enquérir du lieu de provenance de ces bateaux, mais encore ils vont s’intéresser à leur propriétaire. Ils savent donc que tel bateau arrive à telle heure, de telle ou telle ville et les types qui arrivent, s’ils sont bons à plumer ou non. Les exemples les plus patents se situent dans les Ménechmes avec l’affût d’étrangers à dépouiller de leur argent, ou encore dans le Truculentus, lorsque le vieillard Mégaronide doit donner une dot à la fiancée du jeune Lesbonicus. Il demande à son ami Calliclès d’engager des prestations d’un individu qui se présentera par la suite au jeune homme sous l’apparence d’un étranger envoyé par son père11. À la fin des Bacchis aux vers 1125-1128 sq., cette arnaque est incarnée par les deux courtisanes qui se moquaient des deux vieillards étrangers en les comparant à de vieilles brebis à travers les expressions suivantes : « Attonsae hae quidem ambae usque sunt » et « Pol hodie altera iam bis detonsa certo est ».

Les étrangers ont très tôt compris les images négatives que les Romains se font d’eux et ils en arrivent à être prudents et très méfiants. Cette conception est bien illustrée par Plaute à travers ses représentations théâtrales. Dans l’Asinaria, le marchand d’ânes refuse catégoriquement de verser l’argent aux esclaves en l’absence de leur maître. Dans le Truculentus, cette méfiance pousse Diniarque, jeune Athénien, à considérer Astaphie comme un hypocrite, quelqu’un qui ne montre jamais son vrai visage. Il montre la contradiction entre les paroles séduisantes et dangereuses des servantes qui peuvent mener leur proie vers des nuits sans lendemain. Sous ce rapport, la parole des servantes est comparée à la voix des Sirènes12 et Diniarque dira à ce propos :

Vos langues et vos discours sont tout baignés de miel ; vos actes et vos cœurs sont tout baignés de fiel, et du vinaigre le plus amer. Aussi de votre langue vous prodiguez les douces paroles, mais votre cœur répand l’amertume13.

Si on examine une telle conception on se rend vite compte que Diniarque fait la part de deux choses : la langue et le cœur. Pour lui, les servantes sont de véritables magiciennes de la parole ; elles ont l’art de persuader leur victime par de beaux mots, des paroles mielleuses alors qu’au fond d’elles c’est le mépris, la rancune, la haine et autant de maux qui règnent. À l’image de Thaïs qui, dans l’Eunuque, incite Chrémès à s’opposer au militaire Thraso, Harpax a joué un rôle incontournable au cours de ses pérégrinations. Ce dernier, envoyé de Macédoine par son maître pour remettre de l’argent au leno Ballio, refuse de le donner à Pseudolus qui se fait passer pour Syrus, l’esclave de Ballio :

PSEUDOLUS.-(tendant la main).- Que tardes-tu à le donner ?

HARPAX.- Te le donner, à toi ?

PSEUDOLUS.- Bien sûr, à moi, parbleu, moi qui

Suis l’homme d’affaires et le comptable de mon

Maitre Ballion, qui encaisse ses recettes, et qui paie. À qui il doit.

HARPAX.- Quand tu serais, par Hercule, le trésorier

Du grand Jupiter, je ne te confierais jamais le moindre écu14.

Dans le Poenulus, cette disposition à se méfier de l’autre pousse ainsi le Carthaginois Hanno à ne pas porter plainte contre leurs adversaires en pays étranger. Ce dernier est conscient que si le cas se présente, son procès sera perdu d’avance. Nous pouvons comparer la situation de Thraso dans l’Eunuque de Térence avec celle de Hannon. De la même façon que Thraso, dans le passage cité plus haut, ne valait rien devant Chrémès, c’est de cette même manière que Hanno ne représentait rien devant le leno Lycus. C’est pourquoi il est conscient de son incapacité à citer ce dernier en justice :

HANNON (à part).- Que dois-je faire en cette conjoncture ? Voyons, réfléchissons. Si je veux me venger de ce coquin, j’aurai à soutenir un procès dans une ville étrangère. Et d’après ce que j’ai entendu dire de l’esprit et des mœurs qui y règnent…

ADELPHASIE.- Mon cher père, n’aie point d’affaire

Avec cet homme, je t’en supplie ! Ce serait peine perdue.

ANTÉRASTILE.- Écoute ma sœur. Va ; renonce à

Entamer les hostilités avec un coquin.

HANNON.- Prête-moi attention, s’il te plait, léno.

Quoique je sache que tu as mérité ta perte, je ne me commettrai pas avec toi15.

Dans cette discussion, Hannon commence à bien réfléchir sur son sort et sa place dans une société qui n’est pas la sienne. Cette société qui lui est étrangère se traduit par l’emploi de l’expression « alieno oppido » (dans une ville étrangère). De même, il n’a pas manqué de faire une brève allusion aux « mores » (les mœurs) auxquelles il ne peut s’identifier. Compte tenu de toutes ces considérations, Hannon se voit comme un étranger dont la perte est certaine face à un citoyen romain. C’est pourquoi il considère son procès comme peine perdue car étant étranger, l’on devient moins crédible à Rome.Criton, pour sa part, se référant à l’expérience de ses prédécesseurs, prend conscience de sa condition d’étranger. Ainsi, il considère que traduire en justice ou poursuivre en procès un citoyen romain pour un étranger est une tentation inutile et que cela ne mènera nulle part. C’est pourquoi il refuse de tenter une telle aventure à travers la réplique suivante :

Quoi ! pas encore ? Alors je suis venu ici bien mal à Propos. Par Pollux,

si je l’avais su, je n’y aurais jamais mis les pieds. On a toujours dit

qu’elle était la sœur de Chrysis ; elle a toujours passé pour telle ; elle est

en possession de son bien. Maintenant, irai-je poursuivre un procès,

moi qui suis étranger ? Ce ne serait ni facile, ni utile, si j’en crois l’exemple d’autrui 16.

Cette conception de Criton montre clairement que traduire en justice un citoyen romain est une entreprise vaine, voire insensée, car on sera toujours perdant, on ne peut en aucun cas en sortir vainqueur. C’est pourquoi il opte pour la résignation et préfère ne pas porter plainte contre son rival qui est un citoyen romain. L’expression « aliorum exempla commonent » (« si j’en crois l’exemple d’autrui ») montre que ceci n’est pas un phénomène nouveau à Rome, mais que c’est une pratique très récurrente à travers l’histoire romaine.

II- Que doit cette image de l’étranger aux modèles grecs ?

À Athènes, où la comédie a pris son essor vers 460 avant J.-C., les anciens distinguaient trois sortes de comédie : l’ancienne comédie, la moyenne comédie et la nouvelle comédie. Avec Aristophane, la comédie se caractérise par une critique acerbe des personnalités politiques et religieuses et par la liberté de ton. Homme de théâtre engagé, Aristophane est considéré comme le fondateur de la comédie. Il est un génie talentueux dont la vie se confond avec l’histoire de son œuvre. Avec lui, le théâtre ne se limite plus à cette manifestation des fêtes désordonnées des gens ivres comme il l’était auparavant. Mais certains rudiments et quelques survivances vont résister aux innovations d’Aristophane. Parmi ces formes rudimentaires, on peut citer : les attaques directes, l’ancien banquet, l’hymne phallique à Bacchus dont nous avons une illustration dans Les Acharniens :

Phalès, compagnon de Bacchus, joyeux convive, coureur de nuit, adultère, amant des jeunes garçons, au bout de cinq ans, je puis enfin te saluer, de retour à mon village, la joie au cœur, après avoir conclu une trêve pour moi seul, délivré des tracas, des combats et des Lamachos. Combien il est plus doux, ô Phalès, Phalès, de surprendre, volant du bois, la jolie bûcheronne, l’esclave de Strymôdoros, Thratta, revenant du Phellé, de la saisir à bras le corps, de la jeter à terre et de la « dénoyauter » ! Phalès, Phalès, si tu veux boire avec nous, au sortir de l’ivresse, à l’aurore, tu avaleras un bon plat pour fêter la paix, et dans l’âtre on suspendra le bouclier »17.

Dans sa comédie, il recrée les mythes profonds de l’homme et de la société et nous impose des personnages, types d’une société incohérente dont il traduit les angoisses et les villes par une sorte de célébration. La satire est très pesante dans les pièces comiques d’Aristophane. De ce point de vue, Aristote distinguait deux formes de satire : une satire des travers de l’Homme et une satire ad personam qui vise et attaque les hommes. Ces deux formes de satire sont présentes dans la production d’Aristophane, car il s’agissait pour lui de s’attaquer aux maux qui gangrènent la cité sans laisser en rade ceux qui étaient les responsables. C’est pourquoi, dans Les Babyloniens, il attaque Cléon pour son attitude barbare (étrangère) et féroce dans la grave affaire de Mytilène18 ; Cléon accusait Aristophane et Callistratos d’outrage à magistrat et de propos diffamatoires contre la cité en présence des étrangers. Aristophane y fait allusion dans Les Acharniens :

Je vais parler de la cité, dans une comédie ; car ce qui est juste est du ressort de la comédie. Or je ne dirai, au risque d’être désagréable, que des choses justes. Je n’ai pas à craindre cette fois les calomnies de Cléon ; il ne dira pas qu’en présence d’étrangers je médis de la cité. Nous sommes entre nous, c’est le concours de Lénaion, les étrangers ne sont pas là : ni les tributs n’ont été apportés, ni les alliés ne sont arrivés des villes ; mais nous sommes seuls aujourd’hui, rien que le pur froment de la cité, les métèques en étant le son, si je puis dire19.

Sur le plan politique, Aristophane se voit très satirique à l’égard de la démocratie athénienne dont il ne cesse de blâmer les excès. Le poète comique se payait la liberté d’attaquer les politiciens et même parfois de les nommer sur scène au cours des représentations, en dénonçant leur mauvaise manière de gouverner ainsi que leur nébuleuse gestion des affaires de la cité. Aristophane est un conservateur, un défenseur infatigable des idées philosophiques et théologiques ancestrales, mais il n’a pas manqué de faire de sa comédie une contribution significative à la réflexion sur la problématique de l’intégration des étrangers en Grèce.

Avec Ménandre et les auteurs de la nouvelle comédie, l’intérêt n’est plus ni à l’obscénité, ni à la satire politique. Si la satire est encore présente dans les écrits de ces auteurs, elle n’est plus au centre des préoccupations esthétiques ou morales. Ainsi, l’intérêt du public se détourne des questions politiques pour se tourner vers les relations entre individus. Le IVe siècle avant J.-C. est le siècle de la réflexion philosophique et morale, mais aussi de la dépolitisation. Dans les représentations théâtrales, le chant assuré par le chœur voit son rôle diminuer au profit de la parole. À la différence des comédies d’Aristophane, au centre desquelles se trouve la collectivité, la nouvelle comédie accorde une place primordiale aux préoccupations individuelles et tend vers la comédie de mœurs. C’est pourquoi les pièces de Ménandre et les auteurs de la comédie nouvelle en général abordent des problèmes familiaux et principalement des histoires d’amour. La société mise en place par les auteurs de la nouvelle comédie n’est pas celle des hommes, mais elle se limite à la famille. Les auteurs de palliatae s’appuient cependant sur des ressemblances entre le monde grec et le monde romain et c’est ce qui fera dire à P. Grimal :

Les ressemblances, au moins superficielles, entre la société romaine et celle des cités grecques permettaient de faciles applications. Dans l’un et l’autre milieu, on voyait d’un côté́ des bourgeoises, régnant sur leur maison, et dont il est malséant de parler, et de l’autre des courtisanes, esclaves d’un leno ou affranchies, gagnant de l’argent pour leur compte, et toute la foule qui les entoure : joueuses de flûte, danseuses qui viennent au banquet, divertir les hommes. Tantôt elles ont été́ amenées d’Orient, tantôt elles ont été́ recueillies dans une rue où les avait abandonnées un père mécontent de leur naissance. […] Dans la foule des hommes qui entourent ces courtisanes, à côté́ des adulescentes jetant leur gourme, on reconnaît les soldats enrichis, mercenaires des rois hellénistiques, revenus les poches pleines de leurs campagnes en Asie ; ces mercenaires, particulièrement nombreux dans le monde hellénistique après la mort d’Alexandre, existaient aussi en Italie méridionale, où l’on recrutait des soldats osques, et les Romains les avaient rencontrés au cours de leurs campagnes contre Carthage. On trouvait aussi sur ce théâtre des marchands revenus d’une longue navigation, des parasites, des campagnards éblouis par les splendeurs de la ville, tous les passants de la rue, et ceux que l’on voyait s’attrouper sur le forum comme sur les places publiques des cités grecques20.

Plaute sera inspiré par les représentants de la nouvelle comédie tel que Ménandre. Pour la représentation de l’étranger, c’est à l’habillement en mode étrangère qu’avaient plutôt recours les auteurs de la nouvelle comédie, c’est-à-dire que la nouvelle comédie déguise en étranger un personnage qui assume déjà un rôle typique de la comédie (esclave, courtisane, marchand, mercenaire, etc.). Pour illustrer ce point de vue en rapport avec le thème de l’étranger, nous en donnerons deux exemples de Ménandre : d’abord, dans un fragment conservé par Stobée, un fils ou une fille déclare à sa mère que la valeur d’un homme ne se mesure pas par ses origines, mais plutôt par ses excellentes qualités naturelles à travers les mots suivants :

Celui que la nature a fait naître avec d’heureuses dispositions pour le bien, quand bien même il serait nègre, ma mère, est bien né. Un Scythe? Quelle abomination! Anacharsis n’était-il pas Scythe ? 21

Le deuxième exemple est présent dans L’Aspis, une pièce construite suivant une structure représentative semblable à celle de Plaute. C’est pourquoi, avant sa découverte, certains l’avaient attribuée à Plaute. Dans cette pièce, le rôle primordial est joué par un esclave rusé. Cet esclave dépasse tous les autres personnages non seulement par son intelligence et sa ruse, mais encore par sa culture, sa probité et son abnégation. Or cet esclave a une origine phrygienne qu’il revendique avec fierté : « Je suis Phrygien ; bien des règles morales chez vous me paraissent abominables, et réciproquement»22.

Dans ce passage, l’esclave rejette les règles et les lois athéniennes et affirme son identité culturelle authentiquement phrygienne. Ainsi, il met en avant sa mentalité phrygienne parce que d’après ses dires, la diversité culturelle des peuples lui permet de prendre du recul tout en critiquant la monstruosité des lois et règles athéniennes. Dans le portrait des personnages, on note un renversement de caractères : le Phrygien est décrit comme un être désintéressé alors que le vieil Athénien, Smicrinès, est cupide et cherche à épouser la nièce du Phrygien afin de prendre son héritage. Nous retrouvons une telle situation chez Plaute avec le personnage d’Hannon, le Carthaginois qui revendiquait sa condition étrangère dans la pièce comique intitulée Poenulus (le Carthaginois). Certes, Plaute était un conservateur d’une grande envergure dans la préservation des valeurs morales, mais il était d’une ouverture d’esprit avérée dans ce qu’on peut appeler « la civilisation de l’universalité », fondée sur le respect des valeurs ancestrales et l’ouverture aux autres cultures.



CONCLUSION

Au terme de notre réflexion, force est de reconnaître que pendant les cinq premiers siècles de Rome, il n’existait pas de littérature latine. Il faut attendre le troisième siècle avant J.-C. pour voir la naissance de la littérature latine grâce au contact de Rome avec la Grèce par le commerce, mais surtout par les guerres de conquête. La littérature latine a étéfortement influencée par la littérature grecque. Rome doit beaucoup à la pensée et aux œuvres des auteurs grecs, qui ont connu, dès les débuts de la littérature latine, un grand prestige. Les auteurs latins, comme on le sait, ont très souvent adapté, voire traduit, les genres littéraires grecs et les œuvres de leurs prédécesseurs helléniques. C’est pourquoi Plaute développe des caractères bien particuliers pour tous ses personnages, mais il conserve, toutefois, des modèles constants comme l’étranger. C’est la raison pour laquelle certaines de ses intrigues peuvent parfois se ressembler. Les personnages représentés font partie de la moyenne et basse classe romaine et ne sont jamais de la haute société ou de la classe des intellectuels. De la sorte, il pouvait plus aisément mettre en scène des parjures ou des mœurs douteuses sans craindre des représailles du censeur.

 

1 Térence, Eunuque, texte établi et traduit par J. Marouzeau, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1963, v.758-764 :

CHREMES.- 
Ah, metuo qualem tu me esse hominem existumes.


THAIS.-Immo hoc cogitato : quicum res tibist peregrinus est,
/ minus potens quam tu, minus notus, minus amicorum hic habens.

CHREMES.- 
Scio istuc. Sed tu quod cavere possis stultum admittere est.
/ Malo ego nos prospicere quam hunc ulcisci accepta iniuria.
/ Tu abi atque obsera ostium intus, dum ego hinc transcurro ad forum :
/ volo ego adesse hic advocatos nobis in turba hac. 


2 Térence, Andrienne, texte établi et traduit par J. Marouzeau, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F.,1963, v.145-146 :

Indignum facinus ; comperisse Pamphilum / Pro uxore habere hanc peregrinam.

3 Térence, Andrienne, texte établi et traduit par J. Marouzeau, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1963, v. 155-163

(SIMO) Si propter amorem uxorem nolet ducere, / ea primum ab illo animum aduortenda iniuriast. / Et nuncid operam do, ut per falsas nuptias / uera obiurgandi causa sit, si deneget ; / simul sceleratus Dauos si quidconsili / habet, ut consumat nunc, quom nil obsint doli ; / quem ego credomanibus pedibusque obnixe omnia / facturum, magis id adeo mihi ut incommodet / quam ut obsequatur gnato.

4 Plaute, Mostellaria, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 497-503 : Sed ecce, quae illi in. / ego transmarinus hospes sum Diapontius. / Hic habito, haec mihi dedita est habitatio. / Nam me Acheruntem recipere Orcus noluit, / Quia praemature uita careo. Per fidem / deceptus sum ; hospes me hic necauit, isque me / defodit insepultum clam in hisce aedibus, / scelestus, auri causa. Nunc tu hinc emigra.

5 Plaute, Trinummus, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 765-775:

ME.- Homo conducator aliquis iam, quantum potest, . quasi sit peregrinus.

CA.- Quid is scit facere postea ? […]

(ME.) Is homo exornetur graphice in peregrinum modum ; Ignita facie quae non uisitata sit Mendacilocum aliquem oportet hominem deligi, Falsidicum, confidentem.

CA.- Quid tum postea ?

ME.- Quasi ad adulescentem a patre ex Seleucia / veniat, salutem ei nuntiet uerbis patris : / illum bene gere(re) rem et ualere et uiuere, / duas ; eas nos consignemus, quasi sint a patre : / det alteram illi, alteram dicat tibi / dare sese uelle.

6 Plaute, Poenulus, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, v. 595 sq :

ADV. Ergo nos inspicere oportet istuc aurum, Agorastocles, / ut sciamus quid dicamus mox pro testimonio.

CO. Agite, inspicite.

ADV. Aurumst profecto hoc, spectatores, comicum : / macerato hoc pingues fiunt auro in barbaria boues ; / Verum ad hanc rem agundam Philippum est ; ita nos adsimulabimus.

CO. Sed ita adsimulatote, quasi ego sim peregrinus.

7 Plaute, Persa, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 128-140 :

TO. Hic leno neque te nouit neque gnatam tuam ?

SA. Me ut quisquam norit nisi ille qui praebet cibum ?

TO. Ita est. Hoc tu mihi reperire argentum potes.

SA. Cupio hercle

TO. Tum te me sine illam uenere.

SA. Tun illam uendas?

TO. Immo alium adlegauero / qui uendat, qui esse se peregrinum praedicet. / Sicut istic leno hau dum sex menses Megaribus / huc est cum commigrauit.

8 Plaute, Asinaria, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, v. 358-362.

9 Plaute, Asinaria, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 178 sq : Quasi piscis itidemst amator lenae ; nequam est nisi recens.
/ Is habet sucum, is suauitatem ; eum quouis pacto condias, / vel patinarium, uel assum ; uerses quo pacto lubet. /
Is dare uolt, is se aliquid posci ; nam ibi de pleno promitur.

10 Plaute, Asinaria, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 215 sqq:

Non tu scis? Hic noster quaestus aucupi simillimus. / Auceps quando concinnauit aream, offundit cibum. /
Aues adsuescunt […] / Saepe edunt ; semel si sunt captae, rem soluunt aucupi. / Itidem hic apud nos ; aedes nobis area est, auceps sum ego. / Esca est meretrix, lectus inlex est, amatores aues.

11 Voir plus haut, note 5.

12 Les Sirènes sont des créatures féminines dont le chant merveilleux est fatal aux marins puisque, oubliant tout, ils vont se fracasser sur les rochers. Les chants des Sirènes sont des paroles séduisantes, mais très dangereuses, et il est très difficile d’y résister.

13 Plaute, Truculentus, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 177-179 :

DI. In melle sunt linguae sitae uostrae atque orationes,

Facta atque corda in fellesunt sita atque acerbo aceto.

Eo dicta lingua dulcia datis, corde amara facitis.

14 Plaute, Pseudolus, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, vers 619-628 :

PS. Quid dubitas dare ?

HA. Tibi egi dem ?

PS. Mihi hercle uero, qui res rationesque eri

Ballionis curo, argentum accepto[ expenso] et quoi debet dato.

HA. Si quidem hercle etiam supremi promptes thensauros Iouis,

Tibi libellam argenti nunquam credam.

15 Plaute, Poenulus, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, v, 1401-1408:

HA: Quid med hac re facere deceat, egomet mecum cogito.

Si uolo hunc ulcisci, litis sequar in alieno oppido./ Quantum audiui ingenium et mores eius quo pacto sient…

AD. Mi pater, nequid tibi cum istic rei sit incassum, obsecro.

ANTE. Ausculta sorori ; abi diiunge inimicitatias cum inprobo.

HA. Hoc age sis, leno./ Qamquam ego te meruisse ut pereas scio’ non experiar tecum.

16 Térence, Andrienne, texte établi et traduit par A. Ernout, Paris, Les Belles Lettres, C.U.F., 1961, v. 807 sqq :

An nondum etiam? Haud auspicato huc me appuli ; / nam pol, si id scissem, numquam huc tetulissem pedem. / Semper eius dictast esse haec atque habitast soror ; / quae illius fuere possidet. Nunc me hospitem / litis sequi, quam idmihi sit facile atque utile, / aliorum exempla commonent.

17 Aristophane, Les Acharniens, v. 263-279.

18 Mytilène et l’île de Lesbos s’étaient soulevées contre Athènes. Une forte armada leur fut envoyée, suivie d’une sévère répression qui finit par une reddition complète. Alors l’assemblée, convoquée pour délibérer sur ce sujet, Cléon, avec une rare éloquence, obtint du peuple qu’il votât non seulement l’exécution de tous les prisonniers, mais de toute la population mâle de la ville, les femmes et les enfants étant réduits en esclavage.

19Aristophane, Les Acharniens, v. 501-508.

20 P. Grimal, Le Siècle de Scipions : Rome et l’hellénisme au temps des guerres puniques, 2éd., Paris, Aubier, 1975, p. 88-89.

21 Ménandre, fragment 612 Koerte= 533 Kock = p. 319 Sandbach= Stobée, Florilège, 4, 29, 6a et 30 ; w. 11-13 : ὃς ἂν εὖ γεγονὼς ᾖ τῇ φύσει πρὸς τἀγαθά, / κἂν Αἰθίοψ ᾖ, μῆτερ, ἐστὶν εὐγενής. / Σκύθης τις· ὄλεθρος· ὁ δ’ Ἀνάχαρσις οὐ Σκύθης; 

22 Ménandre, Aspis, vers 206-208: Φρύξ εἰμι·πολλὰ τῶν παρ’ὑμῖν φαίνεται / καλῶν ἐμοὶ πάνδεινα καὶ τοὐναντίον / τούτων.






OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Mbaye Fall (8 juillet 2025). Plaute, héritier de ses prédécesseurs grecs dans la représentation des étrangers. Connaissance hellénique. Consulté le 12 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/14asm


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